Une installation immersive




Qu'est-ce que Listening Bodies?
Listening Bodies est une installation de recherche sensible qui vous immerge dans le monde des cueilleuses.rs d'Asie du Sud-Est et du Congo.
Cette exposition explore comment l'immersion ethnobotanique dans des mondes sonores radicalement différents transforme autant le chercheur que les publics qui écoutent.
Créée à partir de 20 ans de terrain en Asie du Sud-Est et en Afrique de l'Ouest, cette proposition à la croisée de la vulgarisation scientifique et de la performance artistique rend audibles les savoirs traditionnels sur les plantes, les émotions de la chercheuse sur le terrain, et la transformation que produit la rencontre interculturelle.
L'installation combine :
- Des enregistrements sonores de terrain (des voix, des chants de cueillette, des sons de la forêt)
- Des objets traditionnels et des plantes comestibles de Malaisie (des épices, des vanneries, des objets du quotidien)
- Un engagement sensoriel du visiteur (odeurs, écoute, touché, goûts)
Pourquoi est-ce important ?
Depuis près de 20 ans, je recueille les savoirs traditionnels auprès de communautés qui entretiennent un lien profond avec les plantes. Cette installation est à la fois une archive et une invitation : celle de ralentir et d’écouter de tout son être, afin de ressentir, au delà de l'intellect ces modes de connaissance, et de les honorer.
Pourquoi cette démarche
Une recherche artistique révélatrice de sens
Cette installation s'inscrit dans une approche de recherche artistique autour du son (art-based research dans la littérature anglophone), où la connaissance voyage du corps vers le concept, du terrain vers le cadre théorique, et pas seulement dans l'autre sens.
Le son permet une autre approche. Il permet de se connecter émotionnellement, de faire entrer une autre partie du corps dans l'émerveillement. Pour que la connexion avec les plantes, la forêt, les connaissances et les cueilleurs dépasse le niveau intellectuel.
Dans les enregistrements ethnobotaniques, il y a plus que des données à écouter : l’ambiance de la forêt, des respirations, des rires, des silences, des commentaires au loin, des chants traditionnels liés à la cueillette.
Ces sons racontent ce qui échappe aux mots et aux analyses, ils permettent de ressentir les liens émotionnels et sensoriels entre les personnes et les plantes.
Rendre atteignable des ailleurs lointains pour le grand public
La possibilité de toucher, sentir, goûter des épices récoltés dans les pays visités rend également cette installation impactante. Les visiteurs n’ont pas souvent l’occasion de “toucher le savoir”, d’en avoir une expérience physique au-delà de l’intellect.
Ici, au contrainte, le fait de pouvoir goûter le poivre ou le miel récoltés dans une forêt lointaine, de toucher un panier tressé il y a des dizaines d’années rend la connaissance réelle, et dès lors importante.
Cette connexion émotionnelle permet également de ramener des souvenirs de savoirs locaux et de démarrer un nouvel élan d'intérêt pour les plantes qui entourent le visiteur au quotidien.
Les environnements naturels et les cultures dont le portrait est ici fait ne sont pas facilement accessibles aux voyageurs. Cette installation immersive permet alors aux visiteurs de vivre une expérience émotionnelle auprès de ces forêts lointaines et de ses habitants méconnus.
Les sons producteurs d'arguments pour des politiques publiques en faveur de la nature ?
Les liens émotionnels ne sont pas comptabilisés dans les politiques de conservation ou les discours sur la durabilité. Pourtant, quand un parc est goudronné, une friche défrichée, un arbre abattu, c'est bien plus que de la biodiversité qui disparaît. C'est une relation vécue avec les plantes et tous les êtres qui leur sont liés, une mémoire, une pratique, une raison de bonheur.
En enregistrant et en ressentant comment les gens parlent des plantes, se déplacent dans les espaces végétalisés, et habitent émotionnellement ces lieux, on peut documenter ce qui s'efface avant que ça ne disparaisse. Et ainsi rendre audible l'infrastructure invisible de l'affect qui motive les gens à protéger les environnements vivants.
Soutenir le projet
Une grande partie de ce travail est financée sur les fonds propres de l'association l'Être Végétal, que j'ai cofondée avec Maxime Leloup en 2016.
Si vous souhaitez soutenir ce projet et tous ceux à venir, vous pouvez participer à la campagne de financement lancée sur Hello Asso !
Merci d'avance pour votre générosité, toutes les contributions ont un grand impact !